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| faire en sorte que la retraite ne soit pas pour eux un problème ! |
En France, depuis près de trois mois, les rues sont le rendez-vous de marches de l’opposition et de syndicats pour faire plier le gouvernement sur sa reforme des retraites. Le pouvoir de Nicolas Sarkozy veut, en effet, prolonger la limite d’âge de départ à la retraite de 60 à 62 au moins pour faire plus cotiser les travailleurs et mieux soutenir le fonds des pensions. Les manifestants, eux ne l’attendent pas de cette oreille et promettent de faire barrage à ce projet.
Autre pays, autre position sur les retraites. Le Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, candidat à sa propre succession lors de l’élection qui doit se tenir dans son pays le 31 octobre prochain, lui est plutôt d’avis que ceux qui sont admis à la retraite, ne le sont pas de gaité de cœur et qu’ils seraient même heureux de continuer de travailler quelques années encore. C’est pourquoi dans son programme de gouvernement, il prévoit de trouver du travail aux retraités ! Et la nouvelle semble d’ailleurs réjouir plusieurs d’entre eux, surtout leurs différents syndicats.
Ces deux visions de la retraite nous font au moins comprendre une chose : il n’y a pas de décision unilatérale à prendre. La loi censée rechercher la justice ne doit en aucun cas commettre des injustices, des frustrations. Il est faux de croire que ce sont les personnes du troisième âge, d’ailleurs en nombre très peu élevé, qui constituent un problème à l’emploi des jeunes. Ce n’est pas aussi vrai de croire que c’est de gaité de cœur que les travailleurs acceptent tous de partir à la retraite. Enfin, des personnes en âge légal de partir à la retraite peuvent pourtant tellement apporter, en terme de formation par exemple, à tous ces jeunes qui sont à la recherche d’expériences ou continuer de mettre en pratique leurs expertises, si c’est ce qu’ils désirent.On gagnerait donc à ne pas avoir une position tranchée et catégorique sur les retraites comme si on s’adresse à des choses et non à des femmes et des hommes, qui ont une vie singulière chacun et dont il faudra tenir compte dans la recherche de l’équilibre sociale. En ce qui concerne des travaux intellectuels ou des expertises en des domaines données, certaines personnes sont par exemple plus productives dès l’âge de 60 ans.
Faut-il au nom d’un principe mécanique les mettre sous l’éteignoir et les conduire à s’éteindre chaque jour qui passe comme si on attend en fait que leur mort ?
Que dire aussi de toutes ces personnes mises à la retraite, peut être parce qu’elles ont commencé à travailler tôt ou tard et qui veulent pourtant continuer de prouver tout ce dont elles sont capables. N’est-ce pas aussi une autre façon de les réduire au silence, de leur couper l’herbe sous les pays ? Ces quelques questions simples, rien ne nous interdit de nous les poser quand nous faisons allusion à la retraite, qui, il faut le rappeler, parle de l’avenir d’êtres humains.
S. Amara
salifouamara@yahoo.fr

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