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mercredi 15 juin 2011

A peine sortie de la clandestinité, le quodien Le Temps vient d'être suspendu par le pouvoir Ouattara.

A peine sortie de la clandestinité, le quodien Le Temps vient d'être suspendu par le pouvoir Ouattara. Pour 6 parution à d'un billet de Germain Séhoué que voici:

 

DU TAC AU TAC

Comment entrer au « Dioulabougou » ?

« Le Dioulabougou ! » Voilà comment les Ivoiriens ont surnommé le pouvoir de Ouattara. Déjà ! Pour certains, c’est le Gouvernement qui est le Dioulabougou. Pour d’autres, c’est même l’ensemble du régime Ouattara.  Comment entrer au Dioulabougou ? Simple. Etre adepte des coups d’Etat. Ingrat. Avoir une haine pour Gbagbo et la refondation. Accepter l’exploitation de la France. Ne considérer la loi que lorsqu’elle frappe les Gbagbo. Cautionner le génocide des Wê pour donner leurs terres aux gens. Etre complice de l’épuration des Bété. Faire la réconciliation entre vainqueurs pendant que des villages sont massacrés. Etre content des pillages des biens d’autrui. Avoir la force de soutenir un mensonge. Prôner la paix en faisant des morts. Etre content de voir les opposants au chômage. En prison. A l’hôpital ou au cimetière. Aimer la pensée unique. Entrer au Dioulabougou, c’est bien facile. 
 Le journaliste Germain Séhoué lui-même est également suspendu pour deux mois.
Source telediaspora.net
 

jeudi 26 mai 2011

Côte d’Ivoire: les forces pro-Ouattara harcèlent des journalistes wselon le CPJ

Le journaliste de radio Yopougon tué par les forces pro ouattara
New York, le 23 mai 2011Le nouveau gouvernement du président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, qui a récemment prêté serment, doit ouvrir une enquête sérieuse sur des allégations de harcèlement de journalistes, y compris le meurtre d'un journaliste, par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), a déclaré aujourd'hui le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Les FRCI avaient soutenu M. Ouattara dans son bras de fer contre son rival politique, Laurent Gbagbo.

Le président Ouattara a officiellement prêté serment samedi dernier, suite à une sanglante
lutte pour le pouvoir dans cet État de l’Afrique de l’Ouest. Ce bras de fer a commencé lorsque le président destitué, M. Gbagbo, a contesté les résultats des élections présidentielles de novembre 2010, approuvées par l’ONU, qui avaient déclaré M. Ouattara vainqueur. Dans une lettre adressée au président Ouattara au début de ce mois, le CPJ a demandé au nouveau président ivoirien de consolider la liberté de la presse et de tenir pour responsables tous les auteurs d’abus contre la presse, comme il l’avait maintes fois promis dans des déclarations publiques ces dernières semaines.


Cependant, les abus contre les journalistes se poursuivent sans relâche. Au cours du week-end dernier, le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ) a signalé la découverte du corps criblé de balles du rédacteur en chef adjoint de Radio Yopougon, Lago Sylvain Gagneto. Le corps sans vie de ce dernier, qui était âgé de 42 ans, a été trouvé parmi des dizaines de corps enterrés dans des charniers à Yopougon, le plus grand quartier d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Le CIPJ a déclaré au CPJ que le corps de ce journaliste a été identifié la semaine dernière.
Le moment et les circonstances de l'assassinat de M. Gagneto ne sont pas clairs. Un membre de sa famille a déclaré avoir été témoin de son assassinat et affirmé à des journalistes locaux qu’il a été abattu par des éléments des FRCI lorsqu’il fuyait Yopougon avec sa famille. Certains estiment que ce journaliste a été tué tout simplement pour sa profession et plus particulièrement parce que son organe de presse était sous l’autorité du maire de Yopougon, un élu du Front Populaire Ivoirien de Gbagbo. Gagneto était aussi Bété (l’ethnie de M. Gbagbo).
  
Après la prise de Yopougon au début de ce mois aux dépens des forces pro-Gbagbo, les combattants des FRCI ont pillé puis incendié Radio Yopougon, une station communautaire, forçant ainsi son personnel à entrer dans la clandestinité, selon des journalistes locaux. Les FRCI occuperaient toujours les locaux de ladite station. La rédactrice en chef de Radio Yopougon, Paule-Benedicte Tagro Guyemane, se tient actuellement en cachette, a-t-elle confié au CPJ.
Un porte-parole de ministère de l'Intérieur, le commissaire de police Koui Bernard, a déclaré ce lundi au CPJ qu'il n'était pas au courant de ces allégations, demandant ainsi du temps pour mener des enquêtes.

« Nous pleurons la mort de Lago Sylvain Gagneto et présentons nos sincères condoléances à sa famille et ses amis. Nous condamnons également la destruction de Radio Yopougon », a déclaré Mohamed Keita, coordonnateur du plaidoyer pour l'Afrique du CPJ. « Le président Ouattara avait promis de demander des comptes à toutes les personnes sous son autorité qui seraient responsables d’abus. Il doit donc agir immédiatement pour discipliner ses forces et faire respecter la règle de droit », a-t-il martelé.
M. Gagneto, père de deux enfants, était le secrétaire général de l'Organisation des journalistes professionnels de Côte-d'Ivoire (OJPCI) et avait travaillé tout au long de sa carrière pour des journaux de diverses allégeances politiques, tels que le groupe de presse pro-Ouattara, Olympe, et le quotidien Le Jeune Démocrate, qui est proche du parti de M. Gbagbo, selon le CIPJ.
Le CIPJ a documenté de nombreuses allégations de harcèlement, de menaces et d'intimidation de journalistes par des éléments des FRCI en patrouille qui prétendent être la recherche d'armes dans les quartiers d'Abidjan, selon des recherches du CPJ. Cette semaine, deux rédacteurs en chef, Ferdinand Bailly du site Web d’information Infocotedivoire.net et Florida Basile Bahi du journal Sport Mag, sont entrés dans la clandestinité après avoir été dénoncés comme étant des « journalistes de Gbagbo » par des jeunes dans les rues de la localité, selon le CIPJ.
En Côte d’Ivoire, au moins trois professionnels des médias ont été assassinés par les forces loyales à Ouattara et à Gbagbo durant les cinq mois d’impasse qui ont suivi le scrutin présidentiel contesté de novembre 2010, selon des recherches du CPJ. 

samedi 14 mai 2011

En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara doit soutenir la liberté de la presse



Alassane Dramane Ouattar
Le 9 mai 2011

Son Excellence Alassane Dramane Ouattara
Président de la République de Côte d'Ivoire
Abidjan, Côte d'Ivoire
Fax
Cher Monsieur le Président Ouattara:
Nous vous écrivons pour vous demander de soutenir la liberté de la presse, maintenant que vous avez pris fonction en Côte d'Ivoire. Nous vous exhortons également à veiller à ce que les journalistes et les médias proches de l'ancien président Laurent Gbagbo aient la liberté de rendre compte de l'actualité et d'exprimer leurs opinions sans crainte de représailles. Finalement, nous vous demandons de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire toute la lumière sur l'enlèvement en 2004 du journaliste franco-canadien, Guy-André Kieffer.

Dans une interview avec le CPJ le 15 avril courant, des représentants de votre administration ont affirmé que votre gouvernement ne persécutait et ne persécuterait aucun journaliste, y compris ceux des médias qui ont soutenu l'ancien président Gbagbo. « Nous ferons tout pour qu'ils ne rencontrent aucun problème», a déclaré au CPJ l'ambassadeur de la Côte d'Ivoire en France, Ally Coulibaly. Une manière de prouver au monde que votre administration est déterminée à consolider la liberté de la presse serait de demander des comptes à tous ceux qui, sous vautre haute autorité, s'attaquent aux médias qui ont soutenu votre ancien rival.

Cependant, depuis votre avènement au pouvoir le 11 avril, certains médias qui étaient favorables à Gbagbo ont été les victimes d'attaques ciblées. Le 22 avril, des incendiaires non identifiés ont brûlé l'imprimerie de La Refondation, un groupe de presse éditeur du quotidien pro-Gbagbo Notre Voie, selon la Fondation des médias de l'Afrique de l'Ouest, une organisation de défense de la liberté de la presse basée au Ghana. De plus, une équipe de journalistes qui était venue constater les dégâts au groupe La Refondation le 28 avril a été vidée des lieux par des agents des Forces républicaines de Côte-d'Ivoire (FRCI), selon le Groupe des éditeurs de presse de Côte-d'Ivoire (GEPCI). L'un des agents aurait même tiré en l'air pour disperser les journalistes, selon le GEPCI.  Les forces républicaines exigeraient aussi un laissez-passer de votre quartier général pour accéder aux locaux de La Refondation, selon des journalistes locaux. En outre, les studios de deux autres journaux pro-Gbagbo, Le Quotidien d'Abidjan et Le Temps, ainsi que l'Agence de presse ivoirienne (API) contrôlée par l'Etat, ont également été détruits, selon le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), une organisation locale de défense de la liberté de presse.

De plus, des journalistes de Notre Voie et du Temps et d'autres organes de presse jugés comme favorables à Gbagbo comme Le Nouveau Courrier et Fraternité Matin, sont entrés dans la clandestinité après avoir fait état de menaces de mort anonymes. Le 15 avril par exemple, des journalistes du Temps et du Nouveau Courrier ont reçu un courriel anonyme avec comme objet : « Vos jours sont comptés ». Dans le courriel, dont une copie a été obtenue par le CPJ, nous pouvions lire entre autres : « Vous, les journalistes de Gbagbo, vous allez voir, on va vous poursuivre [...] Il n'y aura plus de la liberté de presse ici en Côte-d'Ivoire, on va tous vous tuer vous les asticots de Gbagbo ». Ces menaces ont incité Le Temps, dans un éditorial posté sur son site Web, à accuser le gouvernement d'avoir dressé une présumée liste noire de 17 journalistes à éliminer.
Dans une interview avec le CPJ, l'un de vos porte-parole, Amadou Coulibaly, a nié ces accusations, les qualifiant de « fantaisies ». Il a nié toute implication du gouvernement. « Il n'y a jamais eu de liste, jamais », a-t-il martelé.
Toutefois, nous sommes troublés par les propos de Jean Soro, animateur à la Radio Côte d'Ivoire, contrôlée par votre administration, au cours d'une émission interactive le 17 avril. Après qu'un auditeur a souligné que Le Nouveau Courrier était un exemple de  journal pro-Gbagbo qui aurait prétendument incité à la haine, Jean Soro a déclaré à l'antenne que le compte de tous ceux qui sympathisaient avec Gbagbo serait réglé, selon des journalistes locaux. De tels propos contredisent vos propres déclarations publiques incitant vos partisans à ne pas chercher à se venger.

Par ailleurs, l'ambassadeur de la Côte d'Ivoire en France, Ally Coulibaly a promis le 13 avril que le gouvernement ferait tout en son pouvoir pour faire toute la lumière sur la disparition du journaliste Guy-André Kieffer. Nous vous exhortons ainsi à veiller à ce que cette promesse devienne réalité. M. Kieffer a disparu après avoir été enlevé en avril 2004 à Abidjan alors qu'il enquêtait sur des allégations de corruption dans l'industrie du cacao.
Monsieur le président, votre porte-parole Amadou Coulibaly, s'adressant au CPJ en avril, a rejeté toute allégation selon laquelle le gouvernement persécutait les journalistes. « Rien n'est organisé pour traquer les journalistes », a-t-il dit, qualifiant les attaques contre les médias de « pillage économique plutôt que d'actes de répression ». Toutefois, nous pensons que certaines de ces attaques sont politiquement motivées et que certains de vos partisans et les forces de sécurité sous votre contrôle se vengent de vos détracteurs dans la presse. Il est donc essentiel de demander des comptes à ceux qui sont sous votre autorité.

Dans l'intérêt de l'esprit de paix, de démocratie et de réconciliation nationale que vous avez prôné, nous vous demandons de veiller à ce que tous les journalistes, quelque soit leurs tendances politiques, puissent s'exprimer librement sans crainte de représailles. Nous vous exhortons donc à responsabiliser et à demander des comptes aux membres de votre administration et aux forces de sécurité impliqués dans des exactions contre la presse.

Merci de l'attention que vous prêtez à cette question importante. Nous sommes impatients de recevoir votre réponse.
Veuillez agréer, Monsieur le président, l'expression de nos sentiments distingués. 

Joël Simon
Directeur exécutif
9 mai 2011 13h02 ET